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Allons de l’avant: de l’exclusion au monde libre de toute stigmatisation du poids

En 2020, nous avons tous eu l’occasion d’être confrontés à la distanciation sociale. Nous l’avons pratiquée, jour après jour, pendant de nombreux mois d’affilée. Ce n’était pas amusant. Certaines personnes ont fini par souffrir d’un syndrome d’isolement. La distanciation sociale n’est pas une nouveauté pour tout le monde. Les personnes atteintes d’obésité en sont, en réalité, des experts. Au moment où nous réinvestissons le monde en tant que société, je me demande si nous pouvons choisir d’en faire un meilleur endroit pour chacun.

Je suis originaire du Canada, qui est généralement un endroit sûr et convivial. Je suis en fait originaire du Canada oriental, qui est réputé pour son caractère convivial, même selon les normes canadiennes. Pourtant, depuis mars, nous avons eu ce sentiment que nous ne pouvions pas faire confiance à nos voisins et lorsque nous croisions quelqu’un dans l’épicerie qui venait à notre rencontre dans l’allée, nous nous sentions tout à la fois menacés et suspects.

Ceux qui découvrent cet isolement social et l’augmentation générale de la perception de la menace sont impatients de revenir à la normale. Seulement, il n’y a pas de normalité vers laquelle revenir ! Nous ne sommes pas encore sortis de la première vague et on nous dit que la deuxième vague est une certitude, et qu’en plus, nous pouvons nous attendre à plus de virus comme celui-ci. Alors, réfléchissons à ce à quoi pourrait ressembler la nouvelle normalité. Est-il possible que notre nouvelle normalité puisse être meilleure que l’ancienne ?

Les personnes atteintes d’obésité sont, en réalité, des experts en isolement social. Les préjugés et la stigmatisation contre l’obésité sont tels que les personnes qui vivent avec l’obésité ne se sentent pas en sécurité avec les autres. Ils ont développé des moyens pour éviter d’être dans des endroits où la probabilité d’être confronté aux préjugés est élevée.

Faire ses courses tard dans la nuit pour diminuer les chances qu’une personne critique ce qui se trouve dans votre panier, commander des vêtements en ligne pour éviter de les essayer en public, regarder la télévision pour éviter l’embarras des sièges fixes dans les cinémas. Ai-je besoin de continuer ?

La perception de la menace produit naturellement une émotion d’anxiété. C’est ainsi que le cerveau est organisé pour la survie. Les menaces doivent être traitées avant qu’elles ne causent un préjudice. Les êtres humains sont des êtres sociaux, donc notre réaction à la menace face au danger social (humiliation, critique) est similaire à notre réaction à la menace face à un danger physique.

De cette manière, l’expérience de vivre avec l’obésité dans un monde rempli de préjugés est la même que l’expérience de vivre avec le risque d’infection par la COVID-19. Peut-être, je dis bien peut-être, que nous pouvons établir ce parallèle entre l’isolement social pendant la COVID-19 et l’isolement social en raison de la menace des préjugés pour en tirer certains bénéfices.

Une conséquence malheureuse de notre instinct de survie sociale est que nous favorisons ceux qui nous ressemblent. Et si quelque chose se passe mal dans une relation, il est facile de blâmer les différences entre les personnes.

Savez-vous que la grippe espagnole n’a pas commencé en Espagne ? Elle fut appelée grippe espagnole parce que l’Espagne a été le premier pays à reconnaitre son existence. Que le préjugé est facile à créer!

Le préjugé trouve son origine dans les aspects instinctifs du fonctionnement humain. Mais à mesure que l’humanité a évolué en tant qu’espèce, nous avons dépassé l’instinct pour développer également des fonctions intellectuelles et morales.

En fait, le cerveau est un organe du développement. Ce que je veux dire par là, c’est qu’à mesure que de nouvelles structures cérébrales se sont développées au cours de l’évolution, les anciennes structures cérébrales n’arrêtent pas de fonctionner. Les nouvelles fonctions sont développées en plus des anciens systèmes.

Et quand on parle de psychologie, il s’agit d’un problème important. Cela signifie vraiment que nous avons deux systèmes psychologiques en fonctionnement. Les fonctions cérébrales instinctives primitives d’origine sont situées dans le mésencéphale. Il s’agit principalement d’un système impulsif et émotionnel (« Je le veux ; je veux tout ; je le veux tout de suite »). Ensuite, dans le cortex préfrontal (la surface du cerveau qui se trouve juste derrière votre front), nous avons le système exécutif. Il s’agit du système intellectuel, logique, qui est capable de résoudre les problèmes, de penser de manière réfléchie et de retarder la satisfaction.

La plupart du temps, nous ressentons des tensions entre ces deux systèmes. Comment vous sentez-vous ? Que devriez-vous faire ? Remarquez que, bien souvent, les réponses à ces questions ne sont pas les mêmes. Le système basé sur l’émotion veut une satisfaction immédiate et pense de manière automatique (par exemple : « ça me ressemble – bon ; ça ne me ressemble pas – mauvais”). Le système logique se tourne vers les principes et les valeurs (par exemple : « ne jugez pas un livre à sa couverture ; nous sommes tous égaux en tant qu’humains »).

L’isolement social sera temporaire ; nous commençons à sortir de nos maisons. Alors que nous réinvestissons le monde, je me demande si nous pouvons choisir de faire de ce monde un monde différent. Le préjugé est un problème que nous pouvons résoudre.

En tant que psychologue, j’encourage parfois les personnes à changer de situation lorsqu’elles changent de comportement. Par exemple, imaginez que vous êtes fumeur et que vous êtes sur le point de changer d’emploi. Je pourrais demander à la personne si je peux me permettre d’émettre la suggestion, si la personne souhaite arrêter de fumer, d’utiliser ce nouvel emploi pour l’aider dans ce projet. C’est-à-dire, se présenter à ce nouvel emploi en tant que non-fumeur. Dites aux gens de votre nouveau lieu de travail que vous ne fumez pas et comportez-vous comme un non-fumeur.

« Alors que nous réinvestissons le monde, je me demande si nous pouvons choisir de faire de ce monde un monde différent. Le préjugé est un problème que nous pouvons résoudre. »

-Dr. Michael Vallis

Ceci est utile car cela laisse de la place aux nouvelles habitudes et modifie la façon dont les gens vous perçoivent. La COVID-19 pourrait être comme un nouvel emploi. Nous pouvons retourner dans le monde en agissant comme s’il s’agissait d’un nouveau monde. C’est important en ce moment. Vivre dans un corps plus large n’est pas un signe de faiblesse.

Avis de non-responsabilité : les avis et opinions exprimés dans ce blog sont ceux de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique ou la position officielle de toute autre agence, organisation, employeur ou société

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