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Extra large, le court-métrage qui raconte que tous les corps sont beaux

Militante pour les droits des personnes LGBTI+ et DJ de la scène musicale parisienne, Barbara Butch joue à l’actrice dans « Extra large ».
La réalisatrice Marina Ziolkowski nous parle de ce court-métrage accessible depuis le 7 juillet 2022 sur les réseaux sociaux.

Barbara Butch a les convictions chevillées au corps. Souvenez-vous !
C’est elle qui, en février 2020, défraie la chronique en faisant la Une du magazine Télérama pour illustrer un article sur la grossophobie.
Son portrait, dénudé mais très pudique, avait été censuré par Facebook et Instagram, les deux géants du numérique trouvant le cliché trop équivoque. Sa détermination, associée à la mobilisation de nombreux internautes, lui a finalement permis de conserver la photo sur ses comptes. Mieux : l’an dernier, la voilà propulsée, en photo et en vidéo, égérie de la marque de luxe Jean-Paul Gaultier qui lance une campagne de parfum.

Icône anti-grossophobie, Barbara Butch, dispose à l’évidence de plusieurs cordes à son arc. Cette militante pour les droits des personnes LGBTI+, élue personnalité de l’année 2021 par l'Association des Journalistes LGBT, s’est métamorphosée en actrice pour les besoins d’un court-métrage tourné l’été dernier sur l’île de La Réunion.

Titre du film réalisé par Marina Ziolkowski : « Extra large ».
Trame de fond : raconter que tous les corps sont beaux.
Coproduit par Manny Films et la société réunionnaise Tik Tak Production, ce short film, soutenu par Canal +a été mis en ligne le 7 juillet sur YouTube, Facebook et Instagram. Une période de lancement de trois mois qui devrait précéder sa sortie sur grand écran et à la télévision.
Il met en scène un monde fictif où les femmes grosses sont contraintes de vivre nues. Pourquoi cette obligation ? Pour qu’elles aient honte de leur corps ! (lire l’encadré)

Un film qui parle de la grossophobie, mais aussi des diktats de la beauté et de l’apparence

La grossophobie, Marina Ziolkowski l’a vécue. « L’idée du film est tirée de mon histoire personnelle. J’avais beaucoup grossi après des problèmes de santé et je ne trouvais plus aucun vêtement cool à ma taille.
Je me suis sentie ostracisée, jugée. Je me suis dit que c’était un vrai sujet et que les femmes encore plus grosses que moi devaient terriblement souffrir. J’ai eu envie de célébrer la beauté féminine sous toutes ses formes», raconte la jeune réalisatrice.

Écrit comme un conte de fées, « Extra large » dépasse la fiction pour mieux rejoindre une réalité très actuelle où se mêlent culpabilisation des personnes en situation d’obésité et rejet de la société.
Si l’exclusion des corps gros reste le fil rouge du court-métrage, la réalisatrice Marina Ziolkowski n’entend pas cantonner son œuvre au seul sujet de la grossophobie. « Plus largement, il s’agit de dénoncer l’oppression de la société sur le corps féminin en général. Il parle des diktats de la beauté. Dans le film, il y a des femmes grosses qui sont super stigmatisées, mais il y a aussi des femmes minces qui sont dans des carcans avec des talons super hauts, des robes super serrées, où elles se tirent la peau… ». Haro donc sur l’apparence et les idées reçues.

« Barbara Butch, c’est elle qu’il me fallait pour le film… »

De toutes ses forces, Barbara Butch lutte, comme son parcours de combattante le démontre, contre l’invisibilisation des corps et des identités différentes. Son credo : l’acceptation de soi.
« On a tellement grandi avec l'idée que d'être gros c’est être en mauvaise santé, c’est être fainéant, c'est se laisser aller.... Toutes ces croyances sont tellement ancrées dans la tête des gens depuis des dizaines d'années, qu'on ne peut pas s'en défaire comme ça... », commente-t-elle sur le site de bfmtv.com.

Ce discours, la réalisatrice Marina Ziolkowski y adhère totalement.
« J’ai rencontré Barbara il y a deux ans. J’avais écris le film et je voulais une actrice vraiment grosse pour incarner le rôle, pas juste une actrice qui fait du 42. J’avais découvert Barbara sur Instagram et sa manière de s’exprimer, ainsi que ses idées m’ont tout de suite transportée. C’était elle qui me fallait pour le film. Elle a tout de suite aimé le projet ».
Tout comme l’humoriste Rosa Bursztein et l’actrice américano-belge Bérangère McNeese qui partagent l’affiche. Ensemble, elles ont décidé de porter un message volontariste et puissant sur grand écran. Celui de l’acceptation de l’autre, celui du respect de tous.

Philippe Saint-Clair

Niki va enfiler sa robe et aller danser

Fille et petite-fille de scénaristes américains, Marina Ziolkowski a étudié le théâtre et réalisé plusieurs vidéos expérimentales.
Elle aime aborder des sujets difficiles à travers des personnages féminins forts.

C’est à Los Angeles qu’elle a tourné son premier court-métrage « But you look so good » qui a notamment remporté en 2018 le prix du public au Champs-Elysées Film Festival.

De retour en France, elle a tourné « 19 » sélectionné pour le César du meilleur court métrage 2021.

Pour le site Vérités sur le poids, elle dévoile le synopsis de  « Extra Large », son troisième court-métrage.
« Extra large est un conte de fées inspiré de Cendrillon avec une bonne dose d’humour noir, raconte Marina Ziolkowski. Il était une fois… Niki vivait dans un monde étrange où toutes les filles rondes, charnues, dodues, grosses, sensuelles avaient interdiction de s’habiller et étaient condamnées à vivre nues. Mais ce soir, Niki s’en fout si elle est grosse, elle va enfiler sa robe et aller danser ! »

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