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Sensibilisation   Préjugés | 5 min. temps de lecture

Sandrine, des épreuves de la vie au combat pour la tolérance

Des privations, des échecs sentimentaux, une maternité compliquée… cette jeune maman de l’Est de la France a décidé de redresser la tête. Pour elle, tout le monde a le droit d’être soi. Ses maîtres-mots : confiance et indulgence.

A 150 kilos, elle a dit stop. « J’avais 19 ans, je me suis retrouvée devant un miroir et surtout devant le fait accompli. J’ai alors pris conscience de mon obésité, de ma maladie et j’ai décidé de lutter ». Sandrine, Jurassienne de 33 ans, jeune maman d’un petit garçon de trois ans et demi, se souvient d’avoir toujours été un peu ronde. La faute sans doute à cet excès de sucreries étant gamine. Puis vient le virage, à 10 ans, lors de sa rencontre fatale avec une nutritionniste. « On m’interdisait les bonbons, les gâteaux… à cet âge-là, on ne comprend pas, on brave les interdits et j’ai grossi ». 

A l’adolescence, Sandrine essuie plusieurs échecs sentimentaux qui la meurtrissent. La nourriture sucrée devient une nouvelle fois son refuge. Jusqu’au jour où, sur les conseils de la maman d’une copine, elle accepte de voir un chirurgien. Le verdict tombe : la pose d’un anneau gastrique est envisagée de façon urgente. 

Sandrine, qui s’essouffle vite chaque fois qu’elle monte un escalier, accepte la décision. En un peu plus de dix ans, elle perd 45 kilos. « J’ai toujours vu mon corps gros, mais j’ai pris soin de moi. Mon obésité reculait… ». Jusqu’en 2018 où les difficultés de la vie s’enchaînent. Un déni de grossesse pendant cinq mois, une maternité qui la contraint d’ôter son anneau, une séparation douloureuse...  « J’ai repris 50 kilos, j’étais en souffrance ». 

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Sandrine n’abdique pas pour autant. Elle entend contrôler ce qu’elle décrit comme une addiction et bénéficie d’une sleeve en 2020. Malgré des soucis de santé, elle reprend le dessus, perd jusqu’à 63 kilos, mais si « tout va bien maintenant » comme elle aime à le dire, cette combattante de la vie regarde toujours la réalité en face. « Le mot obésité ne me déplaît pas car c’est une réalité pour moi et pour toutes les personnes qui en souffrent. Avant, c’était un sujet tabou, aujourd’hui il y a un peu plus d’ouverture d’esprit », affirme-t-elle. 

C’est l’une des raisons pour laquelle elle a accepté de servir de modèle dans le cadre de la campagne de sensibilisation contre les préjugés liés à l’obésité lancée par l’entreprise de santé Novo Nordisk (1). « J’ai accepté de poser afin de voir mon corps autrement, de gagner de la confiance en soi. Mais aussi pour montrer aux autres personnes en situation d’obésité que, certes, c’est une maladie, mais qu’il faut l’assumer pour être bien dans ses baskets. Il faut accepter son obésité pour ne pas en souffrir, au moins psychologiquement. Moi, plus j’avance, plus j’assume. »

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« Il faut défier le manque de tolérance, lutter contre la marginalisation des personnes en situation d’obésité »

-Sandrine

Le regard des autres ? Si Sandrine se souvient de moments difficiles et des petites réflexions blessantes, elle surmonte aujourd’hui ses angoisses avec conviction. Même son père lui reprochait ses kilos. « Quand on pèse 150 kilos, entrer dans un siège de cinéma ou dans celui d’un avion pose problème. On appréhende, on se demande qui va s’asseoir à côté de vous… Ce sont des situations qui rendent très mal à l’aise. ». 

Aujourd’hui, elle a clairement repris le dessus. « La dictature des réseaux sociaux fait croire que la norme, c’est de mesurer plus de 1,70 m et d’être mince. C’est faux, tout le monde a le droit d’être soi. Par exemple, au niveau vestimentaire, je porte de la couleur, je mets des mini-jupes, des mini shorts, des décolletés alors que je déteste mes bras. Je ne me cache plus. »

Côté suivi médical, elle se rend tous les mois à la clinique de la Sauvegarde à Lyon et effectue un bilan. Du haut de ses 1,62 m, elle gère désormais ses 79 kilos et affiche son désir d’indulgence dans le métro parisien. « Mon papa m’a dit qu’il était fier de moi, c’est motivant… ». 

Aujourd’hui, sa priorité, c’est son fils. «  Je le surveille car on a détecté une tendance au surpoids. Depuis l’âge de 2 ans, il est suivi par un médecin de l’hôpital de Besançon. Tous les trois mois, on fait un point avec une nutritionniste sur son alimentation, les quantités, les horaires des repas. Je ne veux pas lui interdire ce que l’on m’a interdit. S’il veut un bonbon, je lui en donne un, mais pas le sachet, s’il souhaite un gâteau, je lui en donne un, pas la moitié du paquet. Je ne veux pas que mon fils souffre et développe la maladie obésité. Même si c’est un sujet dont on parle de plus en plus, je ne veux pas qu’à l’école, il subisse des moqueries. » 

Dans la vie, Sandrine fabrique des pacemakers. Son cœur à elle bat pour la tolérance et l’ouverture d’esprit

 

 

Propos recueillis par Philippe Saint-Clair

Références

(1) La campagne de sensibilisation Novo Nordisk « Les préjugés ne soignent pas l’obésité » sera visible du 28 février au 6 mars 2022 dans 300 emplacements du réseau des transports franciliens et sur les réseaux sociaux.

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